samedi 12 août 2017

Chanson douce - LEILA SLIMANI

L’histoire
Lorsque Myriam, mère de deux jeunes enfants, décide malgré les réticences de son mari de reprendre son activité au sein d'un cabinet d'avocats, le couple se met à la recherche d'une nounou. Après un casting sévère, ils engagent Louise, qui conquiert très vite l'affection des enfants et occupe progressivement une place centrale dans le foyer. Peu à peu le piège de la dépendance mutuelle va se refermer, jusqu'au drame.

Mon avis
Je me suis lancée dans cette lecture à toute allure, dans le cadre d’un challenge auquel je participe. Ce roman a eu de très bonnes critiques et j’étais curieuse de le découvrir. Je ne le regrette pas mais je reste un peu sceptique.

Le roman commence par la fin, Myriam découvre les corps de ses enfants. Et puis on remonte le temps et on nous raconte comment le couple a fait appel à une nounou, les premiers mois de « cohabitation », les premiers signes de quelque chose de malsain, jusqu’à la terrible fin ? Pas vraiment… Parce que sachez-le tout de suite, vous n’aurez pas le fin mot de cette histoire. Nous resterons dans un état de suspens éternel… Je ne suis pas vraiment fan des fins ouvertes mais là, j’ai vraiment l’impression de m’être fait arnaquer. Comme je l’ai lu dans certaines chroniques, l’auteure nous fait des promesses qu’elle ne tient pas… Gros point négatif pour ce roman.

Et c’est au final le seul, sauf qu’il a quand même toute son importance. Parce qu’au-delà de ça, j’ai vraiment beaucoup aimé l’histoire. Les pages défilent à toute vitesse, l’histoire suit un bon rythme, la tension monte crescendo… L’auteure nous emmène dans son histoire sans difficulté grâce à un style très fluide et accessible.

En termes de personnages, je ne me suis pas vraiment attachée à eux, mais pour une fois, ça ne m’a pas dérangée. Je n’étais pas là pour m’identifier à des personnages, me sentir impliquée dans leur histoire, j’étais plutôt une observatrice. Et je pense que c’est ce que voulait l’auteure. Je n’ai pas ressenti de sa part des efforts pour nous rendre les personnages sympathiques, même pas les enfants. Si Adam est encore vraiment petit pour avoir une personnalité très développée, sa grande sœur Mila est quand même une véritable petite peste. Au final, celle qui m’a inspirée le plus d’émotion, c’est Louise.

On découvre au fil des pages son histoire. On finit par comprendre qu’elle a eu une vie compliquée, que le sort s’est beaucoup acharné contre elle. On comprend qu’elle a de gros problèmes financiers, des dettes que lui a laissées son défunt mari… Elle arrive dans cette famille en étant dans une situation très instable, une instabilité qui va se nourrir de la relation malsaine qui va se mettre en place entre elle et ses employeurs. Et au final, sans que ça justifie son geste, on finit par en quelque sorte le comprendre en la comprenant elle.

Les personnages incompréhensibles de l’histoire en revanche, c’est Paul et Myriam. Parce qu’il y a des signes avant-coureurs qui ne trompent pas, des situations qui auraient vraiment dû les alerter. Pour ma part, le premier signe qui m’a dérangée, c’est quand après quelques semaines, Louise se sent suffisamment à l’aise chez ses patrons pour réorganiser leurs placards. Ca part de peu, mais c’est dès ce moment-là que Paul et Myriam auraient dû établir les limites avec Louise. Au lieu de ça, ils s’en réjouissent, la laissent faire. Ils sont quand même très largement responsables de cette situation, ils ont fait preuve d’un laxisme étonnant considérant que c’est la sécurité de leurs enfants qui était en jeu.


Au final, je ressors de cette lecture avec un avis vraiment partagé. Un roman psychologique qui glace le sang mais que je ne vous conseille vraiment pas si vous n’aimez pas les fins ouvertes. J’avais lu quelque part que lire les deux premières pages suffisaient à comprendre toute l’histoire. Bien qu’un peu exagéré, malheureusement, cette affirmation n’est pas vraiment erronée. Vous n’en apprendrez pas beaucoup plus en lisant le reste… 

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